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Manu Chao, figure majeure du rock français, est né à Paris en juin 1961, d’une mère basque et d’un père galicien. Si s’engager, c’est choisir son camp, le chanteur s’y dévoue depuis l’enfance à Boulogne-Billancourt, puis à Sèvres, passée à jouer au foot avec des fils d’ouvriers, des Portugais, des Arméniens, à écouter de la musique latino-américaine, « Hasta Siempre », Bob Marley, Chuck Berry, ainsi que les chants révolutionnaires espagnols. Dès ses débuts, fin 1970, Manu Chao remet à l’honneur la culture latino-américaine, épicentre du jeu politique mondial. Après la dissolution de La Mano Negra, le groupe de rock alternatif fondé en 1987, et l’un des plus énergiques parmi la scène française de l’époque, l’artiste a entamé une seconde carrière : son premier album solo, Clandestino (1998), est un énorme succès. Le chanteur s’y révèle engagé, nomade, et royalement fainéant. Jouer de la musique à danser, faire du cirque à Rio, provoquer des rencontres de poètes au fond du sertao brésilien et monter dix autres projets en parallèle (en 2005, il a produit l’album d’Amadou et Mariam), font de lui un paradoxe. Lui qui a vendu près de 6 millions de disques a aussi prophétisé la disparition du CD. Tour à tour amoureux des instruments traditionnels, tout en étant l’un des pionniers de l’ordinateur, qu’il utilise comme un outil de collages sonores et d’échantillonnages d’ambiances. De Belfast à la Cité Langlet-Santy de Lyon, du Forum social de Porto Alegre au contre-G 8 de Gênes en 2001, l’artiste n’a cessé d’accompagner les mouvements altermondialistes, sans s’y engager. Défendant les eaux-de-vie traditionnelles, la marijuana et la libre circulation des personnes, Chao choisit ses combats. Avec son collectif Radio Bemba, sorte de sound system surdoué et délirant, il met en pratique une écologie de la musique mondiale. Fervent souteneur du mouvement zapatiste au Mexique, il a tourné un documentaire avec le cinéaste Emir Kusturica sur les fous de l’asile de la Colifata, près de Buenos Aires. Ce livre suit les voyages de ce champion de l’économie artistique durable, entre Barcelone, le Brésil, le Mexique, l’Argentine, et la place Pigalle.