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En 2007, Lorette Nobécourt quitte Paris et s’installe dans un village du sud. Pendant l’hiver qui suit, elle comprend qu’elle ne peut plus continuer. Ses repères se sont effondrés. Le froid est venu jusque dans sa maison. Dans le creux de ses mains qui tremblent. Dans ses os. Le miroir ne lui renvoie plus son visage, mais des éclats de tôle. Le monde se tord. La jeune femme dérive vers la prochaine station. Son monde est un crâne. Dans ce crâne, il y a ses enfants qu’elle aime sans plus pouvoir les rejoindre, un compagnon désemparé, des pages blanchies par le néant, une tornade de souvenirs, de peurs, de voyages, de voyants, de livres. Lorette Nobécourt traverse cette saison effrayante. Remise au monde, elle fait son travail : écrire. D’où ces cent pages arrachées à la nuit. Bien sûr, on ne peut plus écrire « d’âge d’homme », car notre temps n’a rien d’humain. Le temps nous use mais l’écrivain le lui rend bien. Quinze ans après La démangeaison, Nobécourt poursuit sa quête. Elle se livre au fil des pages. Analyse. Révèle. Qui es-tu, petite fille qui voit approcher une main d’ogre jusqu’à tes cuisses ? Es-tu celle qui écrit ? Es-tu l’héroïne d’un conte ? As-tu jamais grandi ? Vous n’oublierez jamais ce livre, qui est comme un carnet posé sur une table de nuit. Sur ce carnet, une main fébrile cherche l’élucidation. Sur cette table, la littérature s’écrit. Dans la nuit, une femme ressuscite. « L’usure des jours est aussi l’histoire du passage de la jeunesse à l’âge adulte, de la névrose à l’amour. Une mue qui a presque l’allure d’une récompense. »