Berlin, 1914. Christine est une
jeune violoniste dont les dons exceptionnels ont été encouragés par les plus
grands virtuoses internationaux comme le Belge Eugène Ysaÿe ou
l’Austro-Hongrois Joseph Joachim. Elle vient poursuivre ses études à Berlin auprès
du « grand » Kloster : « Être conduite par Kloster à travers les
merveilles de Bach, c’était comme si quelque grand ange me prenait par la main
et me menait à travers le ciel. »
Malgré l’étroitesse d’esprit de
sa logeuse, Frau Berg, et le ridicule conformisme de bien des personnes qu’elle
rencontre, Christine se sent accueillie à bras ouverts : « L’Angleterre
est notre alliée naturelle, s’émerveille un pasteur, le cigare à la main. Elle
a le même sang, la même foi, la même couleur. Les races blondes sont, comme
l’aurore, destinées à chasser les ténèbres. »
Pieuses et sanglantes sottises.
Bientôt l’archiduc d’Autriche est assassiné à Sarajevo, et, dans tous les
esprits, il n’y a plus de pensée que pour la guerre. « Mais contre qui ?
ai-je demandé, fascinée, assise droite dans mon lit, les bras autour des
genoux. – Elle viendra, a dit Frau
Berg, piétinant comme une énorme prophétesse qui flaire le sang. Elle doit
venir. Il n’y aura pas de paix dans le
monde tant que le sang n’aura pas coulé. » Quand Christine se fiance à un
jeune officier allemand et que l’Angleterre déclare la guerre à l’Allemagne, la
situation devient intenable. Soudain pestiférée, la jeune fille n’a plus qu’à s’en
fuir vers la Suisse – s’il en est encore temps.
Cette déchirante Histoire de
Christine, publiée en pleine guerre, en 1917, est le seul roman qu’Elizabeth
von Arnim ait signé d’un pseudonyme, Alice Cholmondeley. Car c’est en l’histoire
de sa propre fille qu’elle y évoque : Joyce, disparue à seulement 16 ans,
en Allemagne, en juin 1916.
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