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Parce qu'il a gardé un souvenir impérissable de ses années d'école primaire dans un lointain village côtier, M. Chongsÿon ne cesse d'en parler à son fils, devenu instituteur au même endroit. Mais, au dire du fils, là-bas plus rien ne subsiste des anciens bâtiments scolaires. La vieille école a brûlé dans des circonstances mystérieuses, les professeurs ont été dispersés : la guerre civile a tout englouti. Et les questions se heurtent à un silence embarrassé.
Un harmonium poussiéreux, symbole des chants d'espérance et de propagande "rouge", voilà ce que le père et le fils vont exhumer au cours de leur enquête sur une époque subversive, dont la mémoire même pourrait être dangereuse.
Y a-t-il une Corée pour tous, un passé commun à revendiquer sans honte, malgré la division ? Telle est l'obsédante interrogation qu'oppose au refoulement collectif ce roman indiscret et opiniâtre, qui prend à rebours le nationalisme ambiant, et élève la nostalgie ordinaire d'un vieil homme aux dimensions d'un exorcisme douloureux mais crucial.