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Ce texte inédit en France en vers libres prend la forme de treize lettres adressées de Rome a` Addis-Abeba par un jeune étudiant éthiopien a` sa femme Taranta-Babu. Il lui raconte l’Italie, son passe´, son chef actuel, Mussolini, et la violence de l’État qui s’apprête a` fondre sur l’Afrique. L’Histoire, avec un h majuscule, et l’histoire d’amour s’entrelacent. Le récit de l’agression brutale d’un État européen avide de conquête coloniale permet au jeune poète turc d’affirmer sa vision internationaliste et (déjà) tiers-mondiste. Paru à Istanbul en 1935, puis à Paris en 1936, seulement en extraits, dans la revue littéraire Commune dirigée par Aragon, ce court roman poétique est un bijou. Ni pamphlet, ni traite´, ni diatribe politique, c’est un cri de révolte adressée a` l’humanite´, qui se lit comme un roman d'amour.Plus universel que jamais, le poète construit ici un lien puissant et instantané entre les époques, où l'on retrouve les mêmes racismes, oppressions et dictatures. Un des grands poètes communistes avec Maïakovski, Pablo Neruda ou Aragon. Nâzim Hikmet (1901 - 1963), le grand rénovateur de la poésie contemporaine, a connu la chape de plomb du pouvoir : incarnant l’ensemble de l’esprit de gauche frondeur, il a payé le prix fort : quinze années de prison, la perte de sa nationalité turque et un exil de douze ans en Union soviétique. Na^zim Hikmet est devenu le Turc errant. En 1963, lorsqu'il décède à Moscou , l'écrivain turc Nazim Hikmet est devenu une figure majeure de la poésie mondiale. Fêté dans les pays du bloc socialiste ainsi qu'à Cuba, connu en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique latine, il est resté interdit dans son pays natal jusqu'en 1964.