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L’étranger qui vient La condition d’étranger est appelée à se répandre. Mais la mobilité que l’on se plaît à célébrer se heurte aux frontières que les États-nations dressent face aux « migrants ». Mis en demeure de pallier l’hostilité de leurs gouvernants, beaucoup de citoyens se sont retrouvés acculés à faire quelque chose : accueillir, nourrir ou transporter des voyageurs en détresse. Ils ont ainsi réveillé une vieille tradition anthropologique qui semblait endormie, celle de l’hospitalité. Cette façon d’entrer en politique par la petite porte de chez soi qu’on ouvre montre toutefois ses limites, que seuls pourront dépasser le droit et la cosmopolitique. Si Michel Agier souligne les ambiguïtés de l’hospitalité, il révèle aussi sa capacité à déranger l’imaginaire national. Car l’étranger qui vient nous demande de penser autrement la place de chacun et chacune dans le monde. Michel Agier Anthropologue, directeur de recherches à l’IRD et à l’EHESS, il a codirigé avec Stefan Le Courant l'ouvrage Babels. Enquête sur la condition migrante (Points, 2022).