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Cet ouvrage offre une vue générale de l'oeuvre de Camus, accessible à des non-spécialistes, en l'orientant vers deux aspects capitaux. 1) Camus souhaitait être considéré comme un artiste, inscrit dans une tradition classique. Il fut d'autant plus soucieux, peut-être, d'user d'une belle langue qu'elle ne lui avait pas été donnée dans son milieu, mais qu'il l'avait apprise. 2) Il était un moraliste, au sens le plus élevé du terme. Ainsi plaçait-il la morale au-dessus de la politique. Cette réputation lui a fait du tort : on a vu en lui une « belle âme », détachée de la réalité, alors qu'il a payé de sa personne dans tous les combats de son temps. Surtout, on l'a pris pour ce qu'il détestait plus que tout : un donneur de leçons. Témoin éclairé plutôt que maître, ne cédant à aucun dogmatisme il s'est montré continûment attentif à ce qu'il appelait « les raisons de l'adversaire ». C'est à la jonction de ces deux aspects que se situe ce livre. Héritier des Grecs de l'Antiquité plus que de la tradition judéo-chrétienne, Camus voit les manquements de l'humanité comme des souillures de l'ordre du monde plutôt que comme des fautes exigeant la contrition et le pardon. Notion-clé de son oeuvre, la mesure, qui se lit dans le cosmos et les paysages, doit guider pareillement l'action des hommes, même et surtout quand ils entreprennent des révolutions. La mesure n'est pas pour Camus synonyme de modération, mais de tension, comme celle de l'arc qui se tord pour qu'en jaillisse la flèche, droite et libre. « Midi le juste », écrivait Paul Valéry pour figurer cet instant fragile du soleil au zénith. Camus le juste, a-t-on dit pour moquer son exigence morale. À ce point se confondent, comme elles se confondaient chez les Grecs, morale et esthétique. Les chapitres de l'ouvrage devraient permettre au lecteur de vérifier, séparément s'il le souhaite, cette double postulation dans chacun des genres où Camus s'est exercé. L'essentiel reste d'entrevoir l'unité d'une oeuvre qui apparut parfois comme hors de son temps (le théâtre, que le souci d'une langue traditionnelle met en décalage avec les auteurs de l'absurde), plus souvent en avance (les romans, comme L'Etranger ou Le Premier Homme, dont on ne cesse d'admirer la modernité). Camus est surtout devenu au XXIe siècle, à son corps défendant, un maître à penser. À l'heure où les idéologies du siècle précédent sont détruites ou en péril, survit tant bien que mal le souci de la beauté, qu'il concerne l'éthique personnelle ou la conservation de la planète.