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Dans une société où l’on accède à tout sauf à l’essentiel, le retrait serait-il un exercice spirituel et une manière de vivre, voire la seule manière véritable de vivre ? Si l’homme ne vit pas « seulement de pain », ce qui lui manque relève des valeurs de l’esprit. Aussi doit-il trouver les conditions favorables à sa quête pour répondre à sa vocation : la conscience de l’Absolu. Notre fin repose dans l’être, non dans le faire incessant, elle requiert le retour à soi et en soi. En conduisant à la connaissance de soi et à ses problématiques, le retrait est l’une des conditions auxquelles toutes les traditions spirituelles convoquées dans le présent essai accordent un rôle privilégié. Sans ignorer que le retrait du monde ne suffit pas, compte tenu du fait que le monde centrifuge est en nous. D’où l’épreuve des masques et des déguisements de l’amour-propre dont l’ego, bien qu’illusoire et illusionné, a le secret. Bien compris, le retrait comme manière de mourir au monde et à ses vanités soutient la marche de la périphérie vers le Centre où repose notre identité.