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« Les yeux ouverts, nous marchons vers l’hiver de la liberté. Nous n’y sommes pas encore mais nous nous y rendons, docilement, presque sans résister, comme portés par les vents mauvais. Je ne peux toutefois me défaire de l’idée qu’on puisse échapper au pire. Cela implique une prise de conscience collective débarrassée des pesanteurs, des excès et des mensonges qui ont pris notre temps en otage. Cela exige aussi de rompre avec nos réflexes anciens, nos maladies chroniques qui ont la tendance fâcheuse de se prendre pour leurs remèdes… » Ainsi Mathieu Laine ouvre-t-il ce livre salvateur. Il développe, par saisons, le cycle sombre dans lequel nous sommes plongés : parce qu’au cœur d’un été glorieux, fruit d’un printemps libérateur, nous avons trahi la liberté, la société s’est grippée, ouvrant l’automne des « hommes forts », qui promettent de tout régler mais nous précipitent vers un hiver lugubre. Si le printemps revient toujours, c’est au prix du sang. En ces temps où renaissent la violence et la tentation despotique, il n’y a pas de fatalité pour qui connaît l’humanité et le monde, nous montre l’auteur, qui fait un éloge du courage, de la volonté et des grandes vertus – toutes au service de la liberté. Comme dans La compagnie des voyants, Mathieu Laine convie l’Histoire et des maîtres – écrivains, poètes, peintres – pour nous armer de ce que ces éveillés ont perçu. La grandeur et la beauté font partie du combat. De Napoléon III à Poutine, de Montaigne à Zweig, du Caravage à Picasso, une traversée très éclairante sur ce que nous vivons aujourd’hui.