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L’indifférence, l’abandon, les atteintes du temps n’ont pas réussi à détruire l’école publique d’un bourg vendéen, La Grandière. Elle se dresse encore, là-bas, à l’écart, sur la route du hameau, morte, un mauvais souvenir. C’est la dernière maison avant le cimetière. Elle est fermée depuis vingt-quatre ans. Or, en 1958, à la stupéfaction générale, André Saval, un inconnu qui vient de la ville, la rouvre, avec deux élèves. Face à l’école privée qui en compte cent cinquante et prospère depuis toujours, aux autorités civiles et religieuses, à la passivité des habitants, livré à lui-même, sans aide, sans amitié, il commence à faire revivre, sous ce hangar voué aux orties, non seulement les murs ou la cour, le logement délabré ou la salle de classe, mais une certaine idée de l’homme, toute de patience, d’obstination, de haine de l’injustice, d’honnêteté, de cœur. Il y aura l’abbé Sudre, Martineau d’Ingrand, des êtres de passage, le parrainage d’une école de Villeurbanne, le cheminot Joseph Bour, Claudine, une fille de paysans qu’il aimait et qui l’avait abandonné pour un hobereau, les petites gens du pays, timorés, soumis, parfois courageux. Le nombre des élèves augmente. Comment, pourquoi ? Est-ce le courage, ou l’amour ? Le lecteur le découvrira au cours du récit d’une expérience menée avec passion dont il suivra les péripéties avec le plus grand intérêt.