Charles Larmore s’interroge sur la nature du rapport à soi fondamental qui fait de chacun un moi, à partir d’auteurs comme Montaigne, Stendhal, Proust, Sartre, Girard et Ricoeur. Il s’attache à discuter l’idéal de l’authenticité, afin d’en saisir le noyau irréductible, moment dans lequel on est « soi-même ». A partir de là, Larmore tente d’élucider le caractère du rapport à soi essentiel au moi, en le définissant comme un rapport d’engagement, dans des croyances, des désirs ou des actes. Ce rapport à soi, par lequel le moi se définit, n’est pas un rapport de connaissance immédiate : le moi se rapporte à lui-même de façon pratique et normative. Croire ou désirer quelque chose consiste ainsi à s’engager à suivre ce qu’on a ainsi des raisons de penser ou de faire. L’auteur s’attache à développer les conséquences éthiques de cette conception, afin d’être plus à même de comprendre ce que c’est qu’« être soi-même », de voir comment la connaissance de soi devient souvent un acte d’autocréation et d’apprécier à quel point notre bien est le fruit de l’imprévu.
Ce livre a reçu le Grand Prix de l’Académie française en 2004.
(J. d’Harcour)
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