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Certains poètes disparaissent sans laisser de traces. Souvent, leur talent incomplet en est la cause. Parfois la rareté de leurs œuvres ou la venue précoce de la mort.
Parmi des papiers que récemment je remettais en ordre, j’ai trouvé plusieurs dossiers où j’avais remisé, presque par acquit de conscience, des écrits d’amis de mes seize ans.
Lycéens dans un monde où comptait plus la parole de l’existentialisme que celle, déjà occultée, d’André Breton, nous avions lié connaissance sur les bancs de la classe de première ou durant nos longues récréations de demi-pensionnaires. Puisque nous ne pouvions qu’entrevoir la « vraie vie », la poésie provisoirement, en prit pour nous la place. Pour nommer notre regroupement occasionnel, on s’égarerait à parler d’ « école », à moins de confondre ce mot avec l’établissement scolaire que nous fréquentions. En vérité, sitôt finis les cours, avant de reprendre, pour la plupart d’entre nous, nos trais de banlieusards, nous avions l’habitude de nous réunir dans différents cafés du quartier Saint-Lazare. L’un deux, L’Île verte1, nous parut bientôt plus accueillant que les autres. De jeunes putains s’y reposaient entre deux passes. Nous aimions rester là, devant quelques boissons fortes, à bavarder de la vie et de ce que nous imaginions être l’avenir. […]
En plusieurs se dessinait déjà l’humeur aventurière qui allait définitivement les éloigner de l’Europe. D’autres se brûlèrent aux dangers du « milieu », image d’une poésie de mauvais garçons fortement colorée d’un érotisme frelaté. La destinée de la plupart les achemina vers une mort prématurée qui me transforme aujourd’hui bien malgré moi, en témoin presque ultime de leurs essais littéraires avortés.
Relisant ces textes, l’idée m’est venue de m’adresser pour les préfacer au seul célèbre d’entre nous, Lucien Calmels, connu du grand public sous un autre nom. Calmels fut séduit par ce projet, mais il me promit de n’y donner suite que si je retirais ses propres poèmes qu’il jugeait médiocres. Je crus bon devoir passer outre. Lui-même, fortement contrarié, m’a finalement laissé publier les quelques pages qui lui reviennent ici, en songeant que bien peu sauraient les restituer à leur véritable auteur. […]
1. Je sus, par la suite, que le propriétaire, originaire de Blaye, avait choisi ce nom en référence au beau roman, publié en 1932, de Pierre Benoît, ayant ce titre et portant une épigraphe gravement prémonitoire pour nous tous : « Aux captifs, aux vaincus… à bien d’autres encore ! », Baudelaire.