Yves Namur a publié en 2021 chez Arfuyen un premier
ouvrage intitulé Dis-moi
quelque chose. Un livre en quatre
saisons, qui commençait à l’automne et finissait à l’été. Cinq ans après, la même
petite musique obsédante revient à notre oreille : « Dis-moi quelque chose / Qui soit à la limite des possibles // Là même
où l’hiver soumet l’oiseau / À l’épreuve / Et fait du perce-neige // Un murmure
d’au-delà ».
C’est ainsi que se relance toujours la poésie, « à
la limite des possibles ». Pas de saisons cette fois, mais six parties,inaugurées chacune par une citation de grands interceseurs : François Cheng,
Christophe Mahy, François Jacqmin, Edmond Jabès, Fernando Pessoa et Roberto
Juarroz. Jusqu’au dernier poème : «
Dis-moi quelque chose / À faire mentir la simple réalité // Que la pluie soit
plus que de la pluie/ Qu’il en soit de même / Avec l’attente la graine de pavot
// Et la mort cerclée »
Comme s’il était une réalité plus puissante qui puisse faire mentir celle qui
nous est donnée.
Car il y a eu entretemps cet autre poème : « Dis-moi quelque chose / Qui soit comme un
poème supportant // L’Insupportable la foudre / Des déluges de mots mais aussi
/ Les dagues de la mort // Un poème inclassable » Telle est la foi incoercible du poète dans son verbe,
aussi humble et profane soit-il, qu’il puisse supporter l’Insupportable et
désarmer la mort.
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