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La multiplication des scandales politiques, ces dernières années, s’est accompagnée d’un soupçon récurrent sur la nature et le lieu du vrai pouvoir. La presse a évoqué à maintes reprises cette basse police politique en dénonçant les « officines » et les cabinets noirs, hauts lieux de la politique des années Chirac, sans pour autant lever le mystère sur cette réalité. La mairie de Paris, bastion, voire forteresse, en a abrité plus d’une pendant les années où ce dernier préparait ses campagnes pour la présidentielle. Informelle, insaisissable et cultivant le flou, une officine dissimule par principe et nécessité sa véritable activité. Elle se cache dans les replis les plus ordinaires d’une société commerciale ou de relations publiques, d’une association ou n’est qu’un point de ralliement, une adresse. Elle peut se loger dans un service public ou même s’articuler autour d’un seul homme. Que fait une officine? Elle sert aux basses œuvres de la politique, ne recule pas devant le chantage, la manipulation, l’intoxication et lance sans regrets opérations de déstabilisation ou de dénigrement. Elle fabrique des lettres (dénonciation fiscale par exemple), des pamphlets anonymes ou encore de vrais-faux casiers judiciaires. En politique comme en affaire, tous les coups sont permis… Frédéric Charpier a mené une longue enquête, recueilli de nombreux témoignages et consulté une quantité incalculable de documents, dont les 2400 pages des fameux « carnets Bertrand » pour tenter de lever le voile sur les coulisses occultes des années Chirac, du réseau de barbouzes orchestré par Jacques Foccard jusqu’aux méandres de l’affaire Clearstream. Frédéric Charpier, journaliste d’investigation, a publié au Seuil Génération Occident (2005), La CIA en France (2008), Une Histoire de fous. Le roman noir de l’affaire Clearstream (2009) et L’Économie c’est la guerre (2012).