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Sur la façade du Café du Croissant, rue Montmartre, à Paris, une plaque rappelle qu’« ici le 31 juillet 1914 Jean Jaurès fut assassiné ». Son meurtrier, Raoul Villain, acquitté en 1919 du crime qu’il revendiquait, s’est échoué à Ibiza, où il a été tué en 1936, dans des circonstances troubles. Pourquoi a-t-il tué Jean Jaurès ? Pourquoi fut-il acquitté ? Pourquoi est-il mort ? Les Morts de Raoul Villain tient de l’enquête historique comme du récit littéraire. De Reims à Ibiza, entre archives retrouvées et légendes murmurées, Amos Reichman interroge les paradoxes de la mémoire et de l’oubli, de la guerre et de la paix, de la vengeance et de la justice. En retraçant la vie fuyante de Raoul Villain, en suivant, jusqu’aux confins de la folie, le chemin de ses morts, il questionne la portée de la violence politique et celle de l’engagement face à l’Histoire. À travers « ce sombre destin français », Amos Reichman remet en perspective le début du XXe siècle, de la veille du premier conflit mondial à la guerre d’Espagne. C’est l’histoire d’une époque, celle qui a rendu possible Raoul Villain et l’infini cortège de morts qu’il annonce : quand le temps finit par échapper à ses contemporains, que le passé s’obscurcit au point d’être effacé, que les portes des labyrinthes sont condamnées, la catastrophe est là.