Le recueil des Miracles de saint Étienne (BHL 7860-7861), annexé le plus souvent aux
manuscrits des oeuvres de saint Augustin, est un petit ouvrage écrit vers 425 à la demande
de l'évêque Evodius, ami et correspondant d'Augustin, par un clerc d'Uzalis, petite cité
de l'Afrique proconsulaire qu'on a pu situer définitivement au nord de Carthage, près de
Bizerte. Il relate en deux livres au ton assez différent les miracles opérés par des reliques
du protomartyr à leur arrivée dans la ville. Il s'agit là d'un document exceptionnel : d'une
part, il contient déjà en germe toutes les caractéristiques du genre hagiographique du libellus
miraculorum, promis à un immense développement au moyen âge, et d'autre part, il
présente une théologie du miracle assez différente de celle d'Augustin et révèle l'état d'esprit
des clercs dans une communauté chrétienne d'Afrique contemporaine de l'évêque
d'Hippone. Il donne aussi de précieux renseignements sur la vie et le langage des couches
modestes de la population dans une petite cité africaine, et sur certains aspects de la société
aristocratique de Carthage à la veille de l'invasion vandale. Ce livre, qui comprend une
édition critique du texte, fondée sur la collation de 21 manuscrits et accompagnée d'une
traduction commentée, propose aussi une série d'études particulières, qui visent à replacer
l'oeuvre dans son contexte historique, théologique, littéraire et linguistique. Il voudrait
ainsi montrer tout l'intérêt que présente le De miraculis pour l'histoire des mentalités et
pour l'histoire sociale de l'Afrique tardive et contribuer aussi à éclairer le rôle qu'ont tenu
les miracula post mortem dans la théologie du miracle, dans la diffusion du culte des saints
et dans la formation des genres hagiographiques.
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