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Le Guil est d’une très grande richesse, un maelström visionnaire qui redonne une chance au langage... Quelles ressources en vocabulaire et quels élans ! L’auteure propose des associations de mots (toujours danseurs) nouvelles, dans une grande fraîcheur, une sensualité et un sens du jeu rares. En le lisant, nous faisons notre marché et même si notre panier est percé, cela importe peu puisque les gourmandises abondent (par exemple, ces moments délicieux : « Un dieu indemne place un rayon blême à son côté » ! mais il y en a tellement : « le chemin mythologique des nerfs » ; « Inscrire la date d’expiation de l’eau » ; « Hannetons maudits, excommuniés » ; « la vision du fils de la séparation qui mange les pieds et les mains du chemin » …) Il y a l’humour aussi, une carte maîtresse : « fils et petit-fils d’incestes, il fut porté nu, quasi perdu, tenu pour mort par la séparation » ou « 16 heures. Il fait cuire des œufs, des œufs de suaires, dont l’odeur, légèrement safranée, dilate les vaisseaux de ses mœurs » ou « Elle a posé les secrets de sa chair dans les parties les plus tremblantes du flot » ; « Les deux ou trois nuances du monde ont disparu » ; « Le godillot ? Un empire. Dix ans après, il lui enserre, lui baise toujours la même cheville » ; « D’aucune ramassera tout ce que leurs yeux ont éparpillé » ; « L’hypothèse serait donc astrologique et sidérale. Mettez la main entre vos cuisses si la conjonction s’y prête, vous y toucherez le métal jaune. D’abord gros comme une pomme, une balle, puis un os de mouton, puis, un mouton entier. Tant que la chair ne dit pas non, ajoutez à la liste d’autres dénominations : valgus, varus, fer à cheval » ... Quand on souffre de la fatigue, répéter trente fois : « l’angélologie du Guil ».