L'arrivée des Francs et l'établissement de leur pouvoir en Gaule à la
fin du Ve siècle fut et demeure un moment mal connu de l'histoire
européenne. Le manque de sources écrites eut pour corollaire un fort
investissement idéologique pour les monarchies française et allemande, qui
firent de cet épisode un véritable mythe d'origine. Le développement de la
science historique puis l'invention de la nation démocratique, en sapant cette
légende, engendrèrent une pluralité de postures historiographiques. Au XIXe
siècle, la question franque devient un enjeu de mémoire primordial dans la
stratégie de mise en discipline de la science historique à l'Université, et pour la
structuration d'une communauté de spécialistes (historiens, médiévistes, puis
haut-médiévistes). L'impact des conflits franco-allemands et la radicalisation
des idéologies, nationaliste, marxiste ou national-socialiste, influencent les
discours. Mais progressivement s'engage, dans la seconde moitié du XXe siècle,
un mouvement de déconstruction nationaliste, stimulé par une dynamique
européenne et pacifiste. La présentation de ces débats révèle un panorama
original de l'érudition historienne française et allemande aux XIXe et XXe
siècles. Elle montre la réalité d'une science en marche, tout en soulignant
l'impact du présent sur celle-ci. Ce sont finalement le statut de toute vérité
historique et le rapport de l'historien à l'État qui se trouvent ici questionnés.
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