L'ouvrage de Marcello Monteleone nous offre une analyse
minutieuse de l'univers juridique et culturel des Dogon du
Mali. Témoins du procès pénal traditionnel encore en vigueur
dans les premières années de la colonisation, les anciens nous
révèlent les secrets d'un modèle de justice à l'intérêt extraordinaire,
car fondé sur les principes de l'égalité, de la solidarité
et du pardon.
Au delà de sa signification métaphysique, ainsi que de sa
valeur de réconciliation avec les ancêtres et de réparation des
interdits violés, le pardon acquiert la dimension de «justice
réparatrice». Dans ce contexte, la médiation favorise l'oubli
du délit, car le moment juridique essentiel ne s'identifie pas
avec la punition, mais plutôt avec l'idée que le coupable -
une fois sa faute admise humblement - doit être réinséré dans
sa communauté et récupéré aux forces du bien, avec l'appui
de la partie offensée.
Très moderne, cette conception du droit est le résultat d'un
système cosmogonique de type circulaire, où le monde visible
et le monde invisible agissent en continuité. Chez les
Dogon, la valeur profonde de la réconciliation correspond
donc à la reconnaissance du lien actif et indissoluble existant
entre les hommes, entre l'humanité et les ancêtres, entre le
droit et le mythe.
We publiceren alleen reviews die voldoen aan de voorwaarden voor reviews. Bekijk onze voorwaarden voor reviews.