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Par leur longévité – plus de quarante ans –, par le nombre des concerts – entre un et trois par semaine en moyenne –, par le faste des moyens humains et financiers et par la diversité des lieux qui les accueillirent (Versailles, Marly, Fontainebleau, Compiègne…), les concerts de la reine Marie Leszczynska furent incontestablement l’une des plus importantes structures permanentes de concerts de l’Europe du xviiie siècle. Inscrits dans la continuité des concerts d’appartement institués sous le règne de Louis XIV, les concerts de la Reine programmèrent essentiellement des actes d’opéra exécutés indépendamment de la scène lyrique. Si le choix de mettre une œuvre au programme des concerts de la Reine peut s’interpréter comme une démarche d’ordre artistique ou esthétique mettant en mouvement des acteurs multiples et conduisant à promouvoir un goût musical spécifique, on ne doit cependant jamais perdre de vue qu’il s’agissait d’abord d’un acte dont la portée était clairement d’ordre symbolique et politique. En ce sens, ces manifestations constituèrent un creuset totalement singulier dans le monde du concert au siècle des Lumières, creuset où l’affirmation d’une tradition nationale se conjugua avec l’émergence du concept nouveau de musique classique.