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Les hasards de la numérotation du Psautier font que les huit Enarrationes in Psalmos du volume 59/A de la Bibliothèque augustinienne, où Augustin commente les Ps 37 à 44, sont d’époque et de contenu divers. Elles ont aussi été prononcées en des lieux différents : la moitié d’entre elles l’ont été à Carthage, (In Ps. 38 ; 39 ; 43 ; 44). La plus ancienne est l’Enarratio 42, prêchée à Carthage peu après le concile du 25 août 403 ; elle est suivie de près par l’Enarratio 44, qui est un texte fondamental pour la théologie de l’Incarnation, de la Trinité, ainsi que pour l’ecclésiologie augustinienne. Le sermon de l’Enarratio 40, prononcé lors d’une fête de martyrs, sans doute en 405, est un texte apologétique dirigé contre les païens, dont les persécutions s’avèrent impuissantes contre l’Église. L’Enarratio 39, prêchée la veille de la fête de la fondation de Carthage, nous plonge dans l’atmosphère enfiévrée des grands jeux donnés à cette occasion, où plus d’un chrétien délaissait la basilique pour le cirque ou l’amphithéâtre ; elle est datable du 14 juillet 407. On est encore en pleine crise donatiste, et c’est aussi le cas dans l’Enarratio 43, une prédication que les parallèles avec des œuvres de cette période invitent à dater entre la fin du printemps 407 et l’été 408. Les trois autres homélies sont plus tardives. La plus belle, qui n’est probablement pas antérieure à l’automne 411, est sans conteste l’Enarratio sur le Ps 41. Plusieurs passages y rappellent les plus grandes pages des Confessions. Les Enarrationes 37 et 38 appartiennent aux débuts de la controverse avec Pélage et ont vraisemblablement été prêchées en 412, la première à Hippone ou à une ville où Augustin était de passage, et la seconde à Carthage.
Chacun des textes d’Augustin ici présentés est pour la première fois l’objet d’une étude approfondie, dont les résultats sont exposés dans les multiples introductions, notes de bas de page et notes complémentaires en fin de volume. Ce travail n’intéresse pas seulement les francophones, car il n’a d’équivalent dans aucune autre collection française ou étrangère.