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Les personnages habitent ces cités nouvelles qui entourent le coeur de Tokyo et où perdurent des coutumes étranges. Leur histoire s'ouvre sur une série de veillées funèbres, elle se superpose aux événements de la mémoire collective. Une fatigue, un effroi, un humour culminent ici dans l'éclatement de la bulle économique, la guerre du Golfe, et les prémisses de la vieillesse, hospitalisations ou décès de proches. Ils sont quatre à se croiser comme par hasard en des lieux déterminés, l'hôpital, la rue, un parc, la maison de l'un ou de l'autre. Le narrateur est un écrivain vieillissant, un ancien camarade de classe resurgit quarante ans après, un vieil ami donne signe de vie tous les trois ans, un jeune homme parle au nom des morts. Passé et présent s’entremêlent sans cesse, dans une rêverie solitaire, dans des conversations improbables, où les interlocuteurs, unis par une attente réciproque, laissent se déployer la parole à travers des écarts, des obscurités et des malentendus qui produisent un feuilleton partagé, troublant et souvent drôle. Ils pénètrent la splendeur du monde sous la pression de la mort à l’œuvre. Yoshikichi Furui, né à Tokyo en 1937, traducteur de Nietzsche, Broch et de Musil, est révélé en 1970, avec la publication de plusieurs romans qui ont profondément marqué les lecteurs de cette génération. En 1971, il remporte le prix Akutagawa pour Yôko et en 1997, le Mainichi Art Award, pour Les Cheveux blancs. Traduit du japonais par Véronique Perrin Ouvrage sélectionné pour le Programme de publication de littérature japonaise (JLPP).