Les arbres sont d'un autre temps. Ceux de Nagasaki, d'un autre temps encore.
Ce sont des pins, des magnolias, un chêne bleu du Japon. Et puis encore : un grenadier, un frêne épineux. Quelques plaqueminiers à nouveau chargés de kakis, écarlates dans le ciel d'automne. Un buisson d'azalée qui a refleuri. Ce sont deux camphriers immenses, marquant le seuil d'un sanctuaire dont il ne reste rien.
Au premier regard, rien ne les distingue des autres arbres de la ville si ce n'est le discret écriteau mentionnant leur essence, leur taille et leur distance à ce qu'on nomme l'hypocentre, à l'aplomb du point d'impact de la bombe au plutonium larguée sur Nagasaki le 9 août 1945. Certains, pourtant, laissent voir des signes de brûlures, de profondes cavités, des fissures : ce sont les " arbres victimes de la bombe ", hibaku jumoku, auxquels on a donné ce nom forgé sur celui des survivants de Hiroshima et de Nagasaki, hibakusha, d'année en année moins nombreux et que l'on vient d'honorer du Prix Nobel de la Paix.
Véronique Brindeau a publié chez Picquier un
Louanges des mousses
qui est désormais un classique de la librairie. Elle nous donne ici un autre aspect de sa sensibilité extrême à la nature, et de sa connaissance si fine du Japon en accordant toute son attention aux arbres qui ont survécu à la destruction atomique à Nagasaki. C'est un texte bouleversant.
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