L'Apocalypse a exercé un pouvoir de hantise dans l'imagination de grands
écrivains, fascinés par la question de l'harmonie : celle de la forme littéraire, et
celle du groupe humain, longtemps liée à l'idée du sacré. Ces deux plans sont
associés dans la réflexion de Shakespeare, Eichendorff, Rimbaud, Conrad,
Bosco, Ramuz, Carlo Levi, parmi les écrivains mentionnés dans le titre de cet
ouvrage où sont encore cités les noms de Herman Melville, Nerval et Ernst
Jünger.
Le mystère de la perfection formelle de l'oeuvre, en l'occurrence littéraire,
n'a jamais été plus présent que dans le conflit mythique de la Vierge et du
Dragon, au milieu précis de l'Apocalypse. La structure symétrique de ce récit
biblique serait une réponse, chargée d'intentions curatives, à une violence que
l'on peut qualifier de fondatrice. Le questionnement du sacré, chez ces auteurs,
accompagne donc celui du sens de l'art. Leur entreprise poétique est d'ailleurs
fondée sur le pouvoir de leur écriture, analysé au fil des chapitres qui mettent à
jour l'impact des grandes figures de l'Apocalypse dans leur mémoire. Or,
l'image du cercle, associée par Ramuz à l'idée de l'art, est aussi celle des limites
de nos destins humains : un problème sur lequel converge cet ouvrage où se voit
jaugé le rapport, diversement assumé par ces auteurs, de la parole poétique et du
mythe de la parole divine.
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