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Le premier volume de cette trilogie autobiographique commence en 1938 avec l'expulsion de la famille Kovacic de Suisse et son installation en Slovénie, d’où le père avait jadis émigré. Il s’achève en 1941 avec l'occupation de Ljubljana par les troupes de Mussolini. L’enfant imagine le pays de son père, et se voit déjà galopant sur des chevaux sauvages et naviguant sur les grandes rivières. Mais, après un voyage cauchemardesque, tous les efforts de sa famille pour prendre pied sur cette terre d’exil sont vains. Le petit Bubi, confronté à la misère, la faim, l’hostilité des gens, refuse d’apprendre le slovène et, pour masquer son désarroi, vole, mendie et frôle la délinquance. Écrits du point de vue de l’enfant, les souvenirs se succèdent en un staccato ininterrompu de visions, fragments concrets de mémoire, tantôt innocents et tendres, tantôt impitoyables et terribles, aboutissant à une description haletante et dense d’une époque dont les déchirements et les conflits se reflètent dans la langue merveilleusement novatrice de l’auteur. Le sens du tragique, la profondeur, la densité narrative et la puissance du langage situent Les Immigrés dans la lignée directe des grands récits européens, de Peter Nadas à Danilo Kis, d'Ismail Kadaré à Czeslaw Milosz. Fils d'un émigré slovène et d'une Allemande, Lojze Kovacic est né à Bâle en 1928 et à vécu en Slovénie de 1938 à sa mort, en 2004. Toute son œuvre narrative – de nombreux romans construits comme des mosaïques et des nouvelles – reflète le destin de sa famille, miroir du drame d'un siècle devenu fou. Il est le romancier le plus important de la littérature slovène contemporaine. Traduit du slovène par Andrée Lück Gaye