Á l'époque moderne, l'histoire de l'éducation
peut prendre appui sur de nombreux
documents et pièces d'archives, lorsqu'il
s'agit des garçons. Mais l'éducation des
filles, partagée souvent entre la famille et le
couvent et jugée de moindre conséquence, a
en revanche laissé peu de traces. Or, dans les
familles nobles - ici envisagées - la femme
jouait un rôle fondamental : responsable de la
première instruction des jeunes enfants (des
garçons jusqu'à sept ans, des filles au-delà)
et de toute l'organisation de la vie familiale,
c'est à elle qu'incombait la responsabilité de
transmettre les valeurs religieuses et morales,
et les traditions familiales, garantes de la
cohésion sociale. Les théoriciens, hommes
d'Église pour la plupart en étaient convaincus
mais ils ne se risquèrent pas, pour autant,
à proposer aux jeunes filles une formation
intellectuelle approfondie, de crainte qu'elles
n'en viennent à revendiquer un pouvoir
masculin. Même les «femmes d'État» qui
instituèrent des établissements modèles
- Madame de Maintenon, Catherine II de
Russie, Marie-Thérèse d'Autriche - restèrent
fidèles au principe de l'éducation domestique,
la seule que la société masculine pouvait
alors accepter. Du XVIe au XVIIIe siècle, en
Europe, les progrès furent peu nombreux
et l'éducation resta, entre les mains des
hommes, un excellent outil pour perpétuer
leur domination. Les études réunies dans
ce volume en témoignent même si, ici et
là, quelques voix s'élèvent pour réclamer
plus de justice.
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