Quarante ans après la grande rupture marquée par les
commentaires classiques de Sylvain Zac, Martial Gueroult,
de Gilles Deleuze et d'Alexandre Matheron, ce volume fait le
point sur les nouvelles approches de l'oeuvre de Spinoza : de nouvelles
lectures sont apparues, de nouvelles méthodes ont été éprouvées, des
rapprochements inédits avec la littérature, les sciences sociales, le droit,
l'économie ou la politique ont permis de déchiffrer la philosophie de
Spinoza autrement.
Jusqu'au milieu des années soixante, l'écho de la philosophie de Spinoza
se trouvait divisé entre, d'une part, une réputation de difficulté et
d'opacité et, d'autre part, une figure support de légende et semblait
n'avoir guère de rapport avec, par exemple, le développement
contemporain des sciences humaines. Pourtant, au sein même de
celles-ci, certains pouvaient s'en inspirer silencieusement, de même
que certains écrivains le mentionnaient ou le faisaient apparaître dans
leurs oeuvres ; mais cette inspiration et ces apparitions ne faisaient pas
l'objet d'une reprise problématique du côté des philosophes.
Il importe donc de rendre au spinozisme sa spécificité et sa rigueur en tant
que philosophie, et de mesurer sa capacité à étendre son questionnement
hors du champ proprement philosophique. La recherche tend à actualiser
Spinoza : prendre au sérieux son intérêt pour les sciences de la nature, de
la vie et de la société - et réciproquement découvrir l'intérêt que peut
présenter pour ces disciplines la lecture de Spinoza. Autrement dit : à la
fois interroger Spinoza sur son rapport à ces matériaux, et prendre en
vue ce que l'état actuel de ces pratiques ou ces disciplines peut gagner
à une confrontation avec le spinozisme. En somme : Spinoza à l'intérieur
et à l'extérieur du spinozisme.
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