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Parlementaire français de longue date, militant socialiste de toujours, Résistant de la première heure, Juif sans plus d’arrogance que de honte, Jean-Pierre Bloch a préféré attendre le tiers d’un siècle pour livrer son témoignage personnel sur la Seconde Guerre mondiale. C’est, sans doute, qu’un tel recul de l’Histoire restait indispensable pour que sa part de vérité soit entendue sans choquer. Venant après des centaines d’autres ouvrages, son récit rend un son extrêmement différent peut-être, parce que ce témoin exceptionnel fut d’abord un acteur de premier plan. Engagé volontaire dans l’armée française, en renonçant aux privilèges de son mandat, il raconte les héroïques combats d’arrière-garde des troupes, autant que l’impéritie de leurs chefs. Participant à la constitution des réseaux de Résistance, il souligne leurs liens précoces avec les partis politiques, sans dissimuler leurs maladresses. Visiteur de Léon Blum en prison, puis interné lui-même, il rapporte des camps — et des filières d’évasion — un souvenir chargé de tendresse et de solidarité juvénile. Ancien collègue des plus importantes figures de la Collaboration, il en offre une image, où la sottise et la lâcheté l’emportent généralement sur la malveillance, mais qui garde parfois une étonnante chaleur humaine. De la zone dite "libre" à Londres et à Alger, il montre sans complaisance les difficultés de communication et les querelles de personnes, entre des hommes qui n’étaient que des hommes, même s’ils étaient souvent de grands hommes.