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Où un être humain puise-t-il la force d'affronter ce qui peut le détruire dans sa personne, son identité ou sa culture ? Comment réussit-on à survivre à la solitude, la détresse, la menace de mort ? Journal, autobiographie ou témoignage, les oeuvres d'Anne Frank, Amadou Hampâté Bâ, Claude Vigée et Primo Levi sont autant de lieux de survie : à la clandestinité pour Anne Frank ; à la disparition de sa culture d'origine, orale et nomade, pour le Peul Amadou Hampâté Bâ ; à l'extermination par les nazis de sa famille et de sa communauté, juive alsacienne, et à l'exil pour Claude Vigée ; au camp d'Auschwitz pour Primo Levi. Dans l'oeuvre de chacun se dévoile une figure commune, un semblable en soi auquel le Je s'adresse, un "témoin interne", qui leur permet de faire oeuvre de résistance intérieure. Anne Frank s'invente une amie, Kitty, à laquelle elle se confie. Pour sauver le passé de l'effacement, Claude Vigée et Amadou Hampâté Bâ convoquent les récits familiaux, les voix de leurs proches. Et Primo Levi témoigne de l'importance du dialogue intérieur, d'une relation à soi quand les nazis tentent d'abolir toute relation à autrui, de détruire en chacun le sentiment d'appartenance à l'espèce humaine. Mais ces figures exemplaires vont bien au-delà d'elles-mêmes : elles montrent que le dialogue intérieur avec le "témoin interne" est un enjeu psychique fondamental pour chacun, car c'est lui qui nous donne le sentiment d'exister et d'appartenir à l'espèce humaine. C'est ce que démontre avec beaucoup de profondeur et de sensibilité Jean-François Chiantaretto, qui formalise ainsi un nouveau concept.