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La « petite » délinquance inquiète nos sociétés modernes. Pour en limiter l’extension et en cerner la signification, elles s’adressent aux savoirs éducatif, psychologique, psychiatrique. Ce type de recours ne pouvait manquer de modifier profondément le fonctionnement de la justice pénale. Trop souvent, la psychanalyse se présente comme un ensemble de connaissances supplémentaires. Plus fidèle à sa vocation, elle s’interroge sur la fonction de la loi dont dépend l’existence du sujet. Mais s’agit-il alors de la même loi, et du même sujet, que dans le discours juridique ? Dans cet ouvrage, juristes, psychanalystes et travailleurs sociaux confrontent sur ces problèmes leurs expériences et leurs points de vue, après s’être rencontrés, à la Sorbonne, les 13 et 14 juin 1987. Organisée avec la collaboration du Goethe Institut, cette rencontre avait fait appel à des participants allemands, venus de Berlin, de Hambourg, de Milan. Leurs contributions occupent ici une place importante. Au centre du débat, émergent les notions de « réparation » et de « culpabilité ». Réparation du délinquant à la victime ? ou à la société ? Espoir qu’il se « répare » lui-même ? Pour bien fondé qu’il soit, ce souhait n’échappe pas au risque de voir l’éducateur y mêler son propre besoin de « réparation », faisant ainsi obstacle à ce que le délinquant comprenne son acte. Entre la petite délinquance et la criminalité, si la loi et le jugement moral établissent une distinction nette, la différence a tendance à s’estomper au regard du sentiment de culpabilité éprouvé par le sujet. Ainsi s’explique qu’à plusieurs reprises, les textes qui composent ce livre débouchent sur la question de la dette, héritée par les fils, de pères qui, au temps de l’Allemagne nazie, furent les acteurs d’une criminalité historique.