Néant.
Il y a d'abord ce vide, cette absence. Là où
quelque chose devrait advenir : rien. La grossesse : ce
qui advient, ce qui arrive. Il se passe quelque chose,
dont le corps va témoigner.
Le corps de la femme n'est que changements
régulièrement ordonnés à ce but inscrit depuis toujours
dans sa lignée - sans cela serait-elle là à cet instant
même ? Le corps va se faire événement. La conscience
assiste à cette fécondité impersonnelle, naturelle,
nécessaire ; mais à ma propre conscience, hélas ! elle est
inconnue.
De l'année zéro de la décision d'avoir un enfant
jusqu'à aujourd'hui, les années s'enroulent en spirale
autour de ces cycles de vingt-huit jours, qui sont autant
de mondes nouveaux où tous les espoirs naissent, se
déploient, et meurent ; puis renaissent encore. L'espoir
n'est jamais las d'apparaître, le chagrin est toujours
jeune ; tous deux sont sans expérience et ne se
démentent jamais l'un l'autre. La répétition ne les atteint
pas, car ce qui préside à leur succession, c'est la porte
initiatique des règles, qui, comme Janus au double
visage, apportent dans le même événement la mort de
l'espoir ancien et la naissance de l'espoir d'aujourd'hui :
premier jour du cycle nouveau, qui peut-être
m'apportera l'enfant, et que la vie m'entende !
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