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Edite entreprend l’édition et la réédition de l’oeuvre monumentale, insolite, et proscrite de Jean-Charles Pichon. Nous choisissons de début par l’inédit, Le Rêveur rêvé. La raison de ce choix ? L’auteur la donne lui-même en ces quelques lignes, écrites le 4 août 1987. «Cette semaine, je l’ai passée à rechercher, attendre et rencontrer, rarement, l’individu que peu de gens connaissent et dont moi-même, il y a trois mois, je ne soupçonnais pas l’existence : l’homme du rêve. Je souhaite cependant que cette ignorance cesse, car l’homme est surprenant : il aide, réconforte et plus que ça peut-être. J’aimerais que chacun de mes lecteurs fasse l’effort dont ce récit témoigne, qu’il quête aussi «son» étranger, tant qu’il est temps. Cette nuit, je pense à ceux qui ne me liraient pas ou qui me liraient mal, continuant de courir après quelque vaccin contre un mal improbable, quelque tranquillisant en nostalgie d’un mal qu’ils ont pu contacter, ni devant le médecin ni sous le seing notarié. Ils mourraient à leur tour en ne sachant d’eux-mêmes que ce reflète le miroir ou fige la photo, comme s’ils n’étaient rien d’autre. Ce serait dommage. »