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Écrits de 1954 à 1968, trois récits sont présentés ici dans l’ordre inverse de celui dans lequel ils ont été composés. Le rapprochement de ces textes permettait de faire sentir l’obscure persistance des thèmes, d’approcher par conséquent "le point fixe" d’une œuvre, et d’offrir sans déguisement les éléments d’une sorte de biographie d’un style — combien plus digne d’intérêt que la biographie d’un homme, et plus exacte. Pour moi, le soldat blessé des « Passes du Silence », le héros inquiétant d’ « Une erreur », et l’agaçante Marie, sont de toute façon des compagnons anciens, en vérité contemporains en moi-même, et largement antérieurs à toute narration possible les concernant. D’autre part, la communauté de thèmes que je viens d’évoquer deviendrait, par l’effet d’une publication groupée, comme une œuvre sous les œuvres, et de même que les fragments éclatés d’un lien brisé désignent la place d’un prisonnier enfui, ferait se dessiner l’ombre d’une vérité en mouvement, qui ne saurait être dite. De quels thèmes s’agit-il ? À peine oserais-je, non sans faire ici l’aveu d’un sourire, en renvoyer l’analyse à qui de droit… J.-D.