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Confrontée à un siècle de feu et de sang se dérobant aux récits linéaires de l'historiographie traditionnelle, avec son temps « homogène et vide », la mémoire revendique ses droits sur le passé qui prend ainsi, comme dans un caléidoscope, une multitude de configurations différentes. Cette émergence de la mémoire a suscité un vaste débat intellectuel, dont Enzo Traverso reconstitue ici les grandes lignes, de Maurice Halbwachs à Paul Ric?ur, de Walter Benjamin à Yosef H. Yerushalmi, de Carlo Ginzburg à Dominick LaCapra, qui a redéfini les frontières de l'histoire et remis en cause les procédés de son écriture. Elle a posé le problème de l'usage public du passé, avec sa dimension politique liée aux préoccupations et aux interrogations du présent. À l'aide de nombreux exemples tirés de l'histoire du XXe siècle - fascismes, Shoah, colonialisme, communismes -, Enzo Traverso met en lumière les fils qui relient les différents segments de la mémoire collective, l'écriture historienne du passé et les politiques de la mémoire. L'industrie culturelle, les musées, les commémorations, les programmes éducatifs répondent à un besoin social et contribuent à faire de la mémoire du passé une sorte de religion civile des sociétés contemporaines. Souvent, cette religion civile remplit une fonction « apologétique » : conserver le souvenir des totalitarismes pour légitimer l'ordre libéral, occuper les territoires palestiniens pour empêcher un nouvel Holocauste, envahir l'Irak pour ne pas répéter Munich (le compromis des démocraties occidentales avec Hitler, en 1938)... Mais il y a aussi d'autres chemins de la mémoire, plus discrets, parfois souterrains, décidément critiques, qui transmettent le fil rouge des expériences de l'émancipation, de l'utopie, de la révolte contre la domination. L'écriture de l'histoire est le résultat d'un travail qui se dégage de cette trame complexe de souvenirs personnels, de mémoire collective, de savoirs hérités, de conventions littéraires, de contraintes institutionnelles et de questionnements politiques ancrés dans le présent. C'est cette trame souterraine que l'essai d'Enzo Traverso se propose d'explorer. « L'ouvrage d'Enzo est riche d'exemples et réflexions. On en tire la conclusion que si légitime et souhaitable que se veuille l'ambition de l'historien d'écrire selon la vérité et la justice, il n'existe rien de plus fallacieux que "la réalité historique". Elle est une création humaine, fruit d'un tempérament et d'une écriture, du présent et des circonstances. » Quinzaine littéraire, du 1er au 15 novembre, Maurice Nadeau.