«Dans la nuit, il y avait la lune. Elle me faisait signe du fond
de sa lucarne et déposait sur le plancher ses beaux yeux blancs de
lait. C'était un grand chemin, toute une voie de lune. Parfois il
m'arrivait de tendre les bras vers elle à travers la lucarne. À son
soleil, je déployais mes ailes. Je me mettais à danser. J'esquissais
un pas de deux autour de moi, les bras tendus vers la lumière. Ça
faisait un joli couple.
J'avais envie de danser chaque fois que je voyais la lune.
C'était dans le noir une auréole lactée, une grosse laiteuse,
comme une maman de nuit. Elle dessinait sur le plancher de
grands ronds blancs. On aurait dit un ventre. Je posais le pied
dans le ventre de la lune. La nuit se faisait belle et psalmodiait son
chant de l'ombre, son murmure de cendre et de poudre d'étoiles.
Je devenais un grand poète contemplatif. Je ne dansais plus. Je
me baignais dans la grosse laiteuse et, comme disait l'oncle
Albert après son petit cognac, c'était une félicité.»
Un enfant attend sa mère. Elle doit «revenir bientôt».
Accueilli dans la ferme de son oncle et de sa tante, il se console
de cette absence en apprivoisant le rire des cousines, la lune, les
étoiles et, bien entendu, le crabe. Jusqu'au jour où il découvre la
musaraigne abandonnée...
Puis, le papillon d'hiver.
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