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Le futur maréchal Canrobert, après avoir croisé Oudinot sous la douche aux eaux de Barèges vers 1830, nota : "Ce n'était qu'une passoire". Le maréchal le plus blessé sous l'Empire, mais aussi "Bayard de l'armée française" et "père des grenadiers", telle est l'image de Nicolas Charles Oudinot, devenu maréchal le 12 juillet 1809, après Wagram. Né en 1767, soldat au régiment de Médoc, général de brigade en 1794, général de division en 1799, il commande dès 1805 les grenadiers de la réserve, qui s'acquirent une si grande réputation en tant que "grenadiers d'Oudinot". Oudinot est de toutes les campagnes de l'Empire; il finira sa carrière Grand Chancelier de la Légion d'Honneur et gouverneur des Invalides. Brusque naturellement, mais sachant se tenir en société, chevaleresque mais colérique, capable de transpercer le cou à son cheval refusant d'avancer lors d'une parade, c'est un personnage haut en couleur, incarnation d'un soldat idéal pour cette époque héroïque. Brave jusqu'à la témérité, sans être trop rompu à la science militaire -- tel l'aimaient ses soldats, tel le présente ce livre remarquable, où se mêlent d'une manière attrayante le récit de l'auteur, de longs extraits des souvenirs parfois inédits, comme ceux de la maréchale (née Eugènie de Coucy), des lettres originales. Ecrit dans un style vif et alerte, mais en même temps très familier, il convie le lecteur à suivre Oudinot d'un combat à l'autre, à participer à ses chagrins et ses joies domestiques, à accompagner en Russie la maréchale, partie en plein hiver pour y soigner son mari blessé... Autant d'images d'une vie exceptionnelle que ce livre retrace avec passion.