Les pays du golfe Arabo-Persique sont devenus des acteurs visibles, lourds, du jeu international, dans leur région même et bien au-delà. Médiateurs diplomatiques, investisseurs, organisateurs d’événements mondiaux, ils tentent de dépasser leur définition classique de fournisseurs de matières premières énergétiques et de refonder leurs bases économiques, sociales et politiques dans d’ambitieuses « Visions ». Leurs solidarités internationales s’avèrent plus souples, ouvrant leur champ diplomatique, même si le poids de Washington demeure déterminant : Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis sont, à ce titre, parties d’une dynamique qui pousse nombre d’acteurs du monde au multi-alignement.
En Asie du Sud-Est, la balance hésite entre les influences chinoise et américaine. Les diplomaties, très diverses, des pays de la région sont-elles le signe de leur souplesse, de leur pragmatisme, permettant de tirer parti maximum de la compétition sino-américaine, ou la traduction de contradictions économiques, sociales, politiques d’un espace qui peine à s’organiser collectivement ? L’ASEAN, qui se rêve en architecture de référence, est de fait peu présente dans les choix de défense et de sécurité de ses membres, écartelés entre logiques largement contradictoires.
À des titres divers, le Golfe et l’Asie du Sud-Est symbolisent l’évolution d’un monde dérégulé, où de multiples acteurs tentent de jouer de leur espace d’autonomie, une autonomie qui reste incertaine face à de grands monstres accumulant sans trêve les moyens de leur puissance.
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