Il allait parler, ça lui tenait à cœur de livrer sa vérité. Le diable s'esclaffait, une fois de plus, nous regardant en train de nous dépatouiller avec notre histoire.
Sur la photographie, trois légionnaires posent fièrement. Un cliché trouvé dans les affaires d'Émile, grand-père du narrateur, ancien officier de la Légion étrangère. Au dos de l'image : Charles Morin, Cao Bang, Indochine, 1949.
Morin fut de ces Français engagés dans la Waffen-SS, officiellement pour défendre l'Europe contre le communisme. Condamné à mort par contumace à la Libération, il se réfugie à la Légion sous un nom d'emprunt. Ce sera l'Indochine, sous les ordres d'Émile.
Un ancien SS, un grand-père adoré, une autre guerre, un même drapeau : cette photographie retrouvée révèle, comme une énigme, une histoire aussi personnelle que collective. Comprendre Morin, c'est interroger la figure tutélaire d'Émile, ses silences, ses fidélités. C'est questionner nos amnésies.
De la Grande Guerre à l'Indochine,
Le diable rit avec nous
met au jour les héritages d'un siècle de violences et la persistance d'idées que l'on voudrait révolues. Xavier-Marie Bonnot nous rappelle que le passé pèse sur le présent, de tout son poids. L'actualité la plus récente en est la preuve.
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