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Considérez deux titres d’articles récemment parus : « Pour se venger de sa mère, il tue son chat à coups de marteau » et « Étude expérimentale de l’embolie gazeuse par voie carotidienne chez le chat ». Dans les deux cas, le chat a passé un mauvais quart d’heure. Dans les deux cas, les faits se sont produits à Marseille, dans un quartier défavorisé de la ville pour l’un, à l’Institut de neurophysiologie et psychophysiologie pour l’autre. Le premier article est un fait divers, le second, de la science. Et si le premier chat est mort pour rien, les autres ont fait progresser la connaissance sur les embolies. Mais la différence est-elle aussi profonde qu’on le croit ? Afin de le savoir, pourquoi ne pas traiter le fait scientifique comme un fait divers, et – plus ardu – le fait divers comme un fait scientifique ? La presse offre bien des exemples : Physique : « Le présumé violeur se défend : “J’ai trébuché et je l’ai pénétrée par accident.” » Chimie : « Ils vendaient une potion magique capable de changer du papier ordinaire en billets de banque » Médecine : « Des radios du poumon de Marilyn Monroe adjugées 45 000 dollars dans une vente à Las Vegas » Ethnologie : « Il meurt en plein acte sexuel avec un épouvantail » Un panel de cas choisis avec saveur pour nous faire rire autant que réfléchir. Édouard Launet a été ingénieur et journaliste scientifique, notamment au service Culture du quotidien Libération. Il est cofondateur de la revue culturelle en ligne Délibéré et a déjà publié une dizaine d’ouvrages, dont ses succès au Seuil, Au fond du labo à gauche (2004), Viande froide cornichons (2006), Sexe machin (2007), Au fond du zoo à droite (2009).