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LE RECUEIL [Extrait de la conversation entre Christian Poirier & Thierry Renard] :
T.-R. – Mon cher Christian Poirier, nous sommes heureux d’accueillir au sein de cette collection votre recueil, Le Bonhomme. C’est un ouvrage qui pour moi fait mouche, malgré son assez drôle et plutôt énigmatique titre. Derrière l’aspect presque provocateur de ce titre, se cache une poésie du témoignage pudique, concise et appropriée. Christian, d’où viennent les mots de ce livre, de l’enfance, de votre propre enfance ?
C.-P. – Ce recueil est sans doute la traduction même du paradoxe de la création entre le flash de ce que Rimbaud appelle la « voyance » et la lente maturation qui rendit muet Mallarmé pendant près de vingt ans.
Le « Bonhomme » est donc, en quelque sorte, la longue attente d’une amande qui mit des décennies avant de germer ; une promesse qu’on se fait et qui, dans la lenteur, traverse l’humus pour passer d’un hasard à une nécessité.
Ce malheureux n’est pas un être dérisoire, mais signe l’arrêt du regard sur une goutte d’averse ou de rosée déjà océane ; insignifiance allégorique qui donne forme et vie à l’énigmatique poésie.
L’étrangeté de cet être fut donc le prétexte pour dépasser une image traumatisante, mais bien réelle, et faire de ce « presque rien » qui portait déjà la Poésie le Poème qui la révèle. En cela, le mot intuition/expiration est préférable à celui d’inspiration car le Poème émane du locuteur après « véraison », expulse et non s’impose à lui en tant que simple provocation.
On se souvient vaguement et investit pour ajouter, à ce qui a remplacé la mémoire (désolé pour la métaphore !), les rameaux entretenant le feu devenu lueur plus encore que chaleur.
[…]
*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*
Poème extrait :
Il portait la vieillesse à même les mains et sur son dos des guenilles. La toile épaisse et qui fut bleue comme la frontière des montagnes. La casquette pour écraser son crâne dans les épaules. Et qui fut bleue encore pour tisser les abysses sans fond de la perte ; la langue glaireuse de l'amertume des guerres – surtout des survivants
Ses mains pleines de tranchées. Le bruit de l'eau, des rats et des morts. Tout qui mélange la poussière et le temps sous les balles fuyantes et les étoiles. La mort intense pour creuser le ciel et se cacher dans l'ombre d'un souffle court mais sans faillir jamais dans la haine de périr.