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Le 1er décembre 1934, Serge Kirov, dirigeant du parti communiste à Leningrad, membre du Bureau politique, est assassiné par Leonid Nikolaiev, un jeune communiste, aussitôt accusé d’avoir fomenté, avec ses complices, un complot « contre-révolutionnaire ». Qui a armé le bras de Nikolaiev ? La plupart des historiens, reprenant les insinuations de quelques « agents secrets » soviétiques passés à l’Ouest ou les « révélations » de Khrouchtchev, ont conclu que le commanditaire de l’assassinat de Kirov était Staline lui-même, désireux d’éliminer son plus dangereux rival et d’instaurer, dans le pays, un régime de terreur. Archiviste responsable du musée Kirov, Alla Kirilina a été la première à accéder aux archives récemment ouvertes sur Kirov, sur son assassin, sur l’ « affaire Kirov ». Retraçant la carrière du « staliniste modèle », ses rapports avec Staline, les circonstances précises de son assassinat, elle démontre, avec force et conviction, que le « crime du siècle » - pour reprendre l’expression de l’historien américain Robert Conquest – n’a été ni le résultat d’un complot ni commandité par Staline, mais bien un acte terroriste individuel que Staline a, par la suite, exploité pour se débarrasser de certains « vieux bolchéviks ». Au-delà de l’ « affaire Kirov», la démonstration rigoureuse d’Alla Kirilina jette une nouvelle lumière sur l’histoire des années trente en Union soviétique. L’Assassinat de Kirov montre que l’ouverture des archives permet une approche nouvelle de l’histoire soviétique.