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Voici le troisième et dernier volume d'une oeuvre qui restera comme un monument impérissable à la mémoire des dizaines de millions de victimes du totalitarisme en URSS. Il traite de la période finale du règne de Staline et de celui de ses successeurs : comment, un quart de siècle après son abolition par la Révolution, a été rétabli le bagne russe, bientôt confondu avec les cmaps spéciaux, réservés aux détenus politiques, où on leur fait porter des numéros comme chez les nazis - oui, à peine quelques années après Nuremberg, quand l'humanité soupirait : "Cela ne se reproduira plus jamais !". "Mais pourquoi donc vous êtes-vous laissé faire ?" demande aujourd'hui l'historien marxiste soucieux de rejeter sur les victimes la responsabilité de leur sort. Soljénitsyne saisit l'occasion de répondre par une extraordinaire chronique des évasions, grèves, révoltes héroïques qui ont jalonné l'histoire des camps soviétiques de l'après-guerre et dont personne n'avait eu jusqu'ici connaissance. La mort de Staline a-t-elle mis fin au Goulag ? Absolument pas, répond Soljénitsyne. A certains égards, le régime des camps s'est encore durci. Quant à la relégation, cette forme d'exil intérieur qui toucha 15 millions de paysans lors de la "dékoulakisation", puis des nations entières, elle est devenue une méthode généralisée de mise à l'écart des indésirables. En bref, "les dirigeants passent, l'Archipel demeure". Au terme de leur lecture, bien peu d'Occidentaux contesteront qu'ils viennent de refermer un témoignage unique sur l'Histoire de ce siècle, ainsi qu'une oeuvre majeure de la littérature mondiale. Qu'ils n'oublient cependant pas, parvenus à la dernière page, que maints protagonistes anonymes de cette oeuvre, pas encore morts, y sont toujours. Traduit du russe par Geneviève et José Johannet