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La distance qui sépare les oeuvres de Saint-Denys Garneau et de Samuel Beckett est à première vue irréductible. Rien de commun en effet entre les fragiles constructions poétiques de l'un et les proses avant-gardistes de l'autre. Pourtant, à regarder les corpus d'un peu plus près, on est frappé par la multiplicité des échos et des résonances, par la résurgence des mêmes motifs, thèmes, mots et tournures qui se répètent, de part et d'autre, de façon obsessionnelle : dédoublement, démembrement, défaut de coïncidence à soi, habitation par une voix étrangère et hostile, manie de l'inventaire, fuite des repères spatio-temporels, intrication de la fin et du commencement, de la mort et de la naissance, réflexivité autodestructrice. Sans oublier, sur le plan de l'expression, une certaine cassure de la voix, une syntaxe disloquée, un brouillage des frontières entre récit et poème, une tension plus ou moins bavarde vers le silence et la prière. C'est qu'en cours de route, les chemins se croisent alors que se pose chez ces auteurs le même problème fondamental : comment trouver son fondement en soi-même sans se perdre dans les dédales ouverts par la distanciation d'avec soi que supposent le langage, la création et l'imaginaire ? Hantise du mensonge, désappropriation de la voix et amenuisement de la langue deviennent les motifs-clés de ces textes qui se rabattent sur la voie de la pauvreté, de la désertification des mots et des images. Epuisant les ressources de la littérature, retournant implacablement l'imaginaire contre lui même, les oeuvres de Saint-Denys Garneau et de Samuel Beckett sont animées par une ascèse qui outrepasse toutes les réserves. Par là, elles sont les tenantes exemplaires d'une modernité esthétique dans ce qu'elle peut avoir de plus radical.