Au cours des années 90, dans la presse mais également à travers de
nombreux ouvrages et colloques, l'art contemporain a fait l'objet de
débats et de polémiques, révélant des différends entre les artistes et leurs
publics, entre les experts et les «individus ordinaires». Cette «crise»
engageait une réflexion sociologique sur les représentations et les expériences
réceptives de l'art dans ses formes les plus actuelles. À l'appui
des enquêtes menées par les sociologues, de Raymonde Moulin à Nathalie
Heinich, de Pierre Bourdieu à Howard S. Becker, cet ouvrage propose
de dépasser les approches quantitatives sur la morphologie des
groupes ou sur les consommations culturelles, en s'intéressant à la
réception dans sa complexité et dans son contexte, sans l'isoler de l'évolution
des formes de la création et des modalités de diffusion de l'art
aujourd'hui. Le terrain d'investigation choisi est Marseille : par son particularisme
en termes d'image, d'identité et de culture, c'est une ville
aux caractéristiques particulièrement intéressantes pour l'analyse. Pour
une part cumulative, pour une autre exploratoire, cette recherche propose
un état des savoirs produits par la sociologie de la réception, une
mise au jour de la richesse et de l'effervescence artistique marseillaise
dans le domaine des arts visuels contemporains et, dans un même temps,
elle permet de faire émerger la pluralité des publics de l'art, des plus
habituels aux plus fugaces, des plus experts aux plus profanes, des plus
enthousiastes aux plus résistants.
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