Depuis les bouleversements qu'ont connus les pays de l'Est européen, il existe une abondante littérature
technique dans le domaine social en particulier, sur les pays qui ont rejoint l'Union
européenne ou sont candidats à la rejoindre.
Il n'en va pas de même paradoxalement en ce qui concerne la Russie elle-même bien qu'elle ait été à
l'origine de l'extension sur le glacis soviétique d'institutions sanitaires et sociales organisées, au moins
apparemment, d'une manière quasi uniforme.
C'est pourquoi le Comité d'Histoire de la Sécurité sociale a accepté de soutenir la publication d'un travail
élaboré par Olga Artemova. Son travail, commencé lors de sa participation au cycle
«étranger» du CNESSS (devenu depuis EN3S = Ecole nationale supérieure de Sécurité sociale),
exploite des informations recueillies à la source russe.
Le travail présenté, en montrant le chemin parcouru avant 1917, donne une idée du capital social de
structures et d'établissements en nombre ayant pu constituer la masse critique et l'armature nécessaires
à toute généralisation de prestations universelles.
En s'intéressant ensuite aux résultats de masse, plus qu'aux vitrines de prestige dont bénéficiaient des
privilégiés du régime soviétique généralement seules présentées aux étrangers, ce travail offre une
vision plus réaliste tant de la face sociale de ce régime que de la difficulté de se déprendre des habitudes
créées.
Avec la «perestroïka», le «cliquet» de dépenses sociales importantes en termes de part du PIB a produit
tout son effet ; c'est-à-dire qu'il a été difficile de les réduire en période de crise financière et qui
plus est de réformes : les dépenses du système ancien s'ajoutent à celles du nouveau et les redistributions
se font mal ou de manière aléatoire, voire pas du tout.
Pour autant cet avantage n'est resté que temporaire, la crise qu'ont connue les pays de l'Est européen
et plus particulièrement la Russie, perdurant - à ce titre elle fût aussi grave que celle de 1929 -, «in
fine», l'ensemble des prestations sanitaires et sociales a perdu de sa valeur réelle et aujourd'hui, on
manque encore de recul pour analyser quelles auront été les répercussions sociales de la flambée des
prix des matières premières et de la crise financière récentes.
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