La poésie pour moi est une intime traversée d'un monde jamais entièrement révélé. C'est une exploration, et jamais une fin. La poésie n'est jamais faite, mais toujours à faire. Son monde n'est jamais donné, mais toujours dévoilé. Ecrire le poème, c'est entrer dans une recherche - et ce que je recherche avant toute chose, c'est la présence. D'où le titre de ce recueil : « La présence de l'aube ». L'aube, comme un éveil au plus calme, au plus intense aussi : et cet éveil, je voudrais que le poème me le donne, le donne au lecteur, le lui prête plutôt, pour qu'il le porte vers d'autres mondes, d'autres lieux, d'autres expériences.
Laurence Chaudouët
Les soirs d'été j'attends la longue silhouette blanche derrière la porte
Ses lèvres de sel ses yeux d'amande sa voix qui réveille la pierre et le lait
Je retiens ma respiration j'attends mes tous petits mots sont cachés dans ma paume
Qu'elle vienne et prenne mon corps lourd dans cette coupe de silence
Je vois sa parole imperceptible s'inscrire sur les pages qui se referment
D'un coup elle ouvre grand les fenêtres obliques
Et c'est l'enfance nue qui vient renverser les corps
Fusant soleil sur les plages écrues
C'est l'enfance peut-être ou l'absence inaudible
Articulant à peine les mots qu'elle a enfouis.
Laurence Chaudouët, extrait de La présence de l'aube
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