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Version augmentée de deux textes suivants, parus depuis la sortie de «La Petite plage », dans des revues de poésie : <br /> « La rade et l’Indien d’Amérique » : http://pierre.campion2.free.fr/prouteau_larade.htm et Les Machines, les Livres : « https://www.terreaciel.net/Les-Machines-les-Livres-texte-de-Marie-HeleneProuteau#.ZBq_dPaZNPZ <br /> Préface de Mona OZOUF<br /> <br /> La Petite plage est pour Marie-Hélène Prouteau un point d’ancrage essentiel, réel et revisité en imagination par celle qui n’y réside plus. Elle arpente dans ce livre ce territoire premier face à la mer, lieu de tous les enchantements dans les rochers et les vagues de grand vent. <br /> Au fil du temps et de ses retours en ce lieu se sont tissés des liens étroits entre ce « finistère portatif », les émotions qu’il suscite et la découverte de sensibilités d’artistes divers qui ont marqué l’auteure. Musiciens comme Yann Tiersen qui compose non loin de là, à Ouessant, inspiré par le fracas des vagues ; peintres comme Gauguin et He Yifu venu de Chine et poètes comme Victor Segalen ou François Cheng. <br /> Chacun, à leur façon, féconde un regard neuf sur la petite plage. A travers les yeux du peintre chinois, c’est une autre petite plage qui apparaît, toute en brumes et pastels ; à travers ceux de Gauguin, le travail des goémoniers d’hier fait surgir la grande vague du japonais Hokusai. Passer devant un mégalithe est l’occasion d’imaginer Segalen arrivant de Brest où il soigne les blessés de 1918 et de se remémorer ses poèmes de Chine, « Stèles du chemin de l’âme ». <br /> D’autres visiteurs surgissent : Michèle Morgan en 1939 tourne Remorques sur une musique de Roland-Manuel. Roland Doré, le maître-sculpteur landernéen du 17è connu pour ses calvaires arrive à cheval. C’est la belle histoire des champs de lin bleus qui resurgit. Nous remontons encore le temps avec ces moines du prieuré médiéval qui pratiquaient le devoir d’hospitalité pour les démunis, occasion d’avoir une pensée pour le drame de Lampedusa. La grand-mère y fait retour sur un moment où, avec la mort du fils en 1944, l’histoire familiale et la grande Histoire se rejoignent dans la douleur. <br />