«Siona vint au monde entre le dix-huitième brancard
musulman et le quatrième cercueil grec. Elle
y vint presque aussi misérablement que son divin
compatriote de la crèche. L'unique sage-femme
européenne, une Juive polonaise convertie, était
morte, le matin même, du choléra ; et la nourrice,
une femme de Bethléem, se tordait dans des
coliques à l'autre bout de la maison. Le serviteur
arabe s'était enfui, et le père de Siona courait à
la recherche d'un médecin dans Jérusalem et ses
environs.
«Il n'en trouva point. Mais il rencontra, aux
portes de la ville, tout le printemps de Judée.
Il le rapporta dans ses bras. Et, quand il l'eut
effeuillé sous les tulles de la moustiquaire, la
petite fille cessa aussitôt ses cris. Elle écrasa dans
ses menottes les "lis de la vallée", elle sourit aux
"crocus des prophètes" et aux "asphodèles des
rois".
«Et c'est peut-être parce que Siona était née
entre des litanies mortuaires et des fleurs pascales
qu'elle eut, par la suite, une âme grave et
une imagination enchantée.»
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