La peur de la contagion, du contact et de la promiscuité, la suspicion à l'égard
des étrangers, la vitesse fulgurante de contamination et les mesures de mise
en quarantaine face à la propagation d'un virus venu d'ailleurs, l'ensevelissement
et la crémation des corps en masse... Ces images effrayantes obsèdent.
Tels sont les traits de la Peste noire arrivée à Messine en 1347, en provenance,
dit-on, d'Asie centrale, qui a décimé la moitié de la population européenne
et des millions de personnes dans le monde entier. Malgré de nombreuses
hypothèses, et, notamment, l'explication récente par des virus mutants,
l'avènement et la disparition au XVIIIe siècle de cette épidémie restent
inexpliqués. Mais les documents, la littérature et l'imagerie témoignent
avec force de ses ravages, en Chine, en Crimée, puis en Europe, de Damas
à Londres. La maladie exacerba la croyance en l'épouvante du châtiment,
la peur de l'autre, des juifs et de l'Orient, allant jusqu'à justifier l'extermination
des populations du "Nouveau Monde" ou, plus tard, une régulation démographique
"naturelle" selon Malthus. Un prêtre catholique de Nouvelle Espagne
y voyait un message de Dieu : Vous voulez exterminer cette race ? Je vais vous aider à aller
plus vite grâce à la variole.
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