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Guides touristiques, reportages de mode, publicités pour parfums ou grands magasins exaltent le charme ineffable des femmes de Paris, subtile alchimie d’élégance, d’esprit, de « chien », et de ce « je-ne-sais-quoi » qui justifie sa réputation. D’où vient cette représentation ? Pourquoi s’est-elle ainsi pérennisée, solidifiée, canonisée au fil des siècles ? N’est-elle qu’un cliché paresseux, un mythe duplice, une mystification des élites privilégiées et de la domination masculine ? Ou bien demeure-t-elle un référent vivace, apte à défendre une « certaine idée de la femme » dans un monde de plus en plus globalisé ? Prenant au sérieux les stéréotypes, ce livre a l’ambition de remonter aux sources de ce qui est d’abord et avant tout une construction culturelle, pour analyser son développement, repérer ses usages, interpréter ses fonctions. La Parisienne est un mythe – moins futile et moins lisse qu’il n’y paraît. Construit dans la tension entre l’aristocratie et les femmes du peuple, entre Paris et la province, entre l’émancipation des femmes et la domination masculine, il a résisté au temps. Ce succès, cette plasticité, cette indéniable capacité de résistance invitent dès lors à aborder « la Parisienne » comme un nœud de significations fécond pour une histoire de l’identité nationale articulée à celle des relations de genre. À travers cette figure essentielle de la « capitale du XIXe siècle », dans son feuilletage, ses non-dits et sa réversibilité, c’est aussi la modernité qui est ici interrogée. Née en 1967, ancienne élève de l’ENS Ulm-Sèvres, agrégée et docteure en histoire, Emmanuelle Retaillaud est maîtresse de conférence à l’université François-Rabelais de Tours (IUT). Ses travaux portent sur l’histoire sociale et culturelle de la France contemporaine (historie des drogues, histoire des milieux artistiques et littéraires, histoire de l’homosexualité et du lesbianisme).